Magnus
Cover / Kwadjo, photographié par Joe Perri et stylisme par Ilanka Verhoeven Desroches
Si vous l’avez déjà croisé, vous avez sans doute eu l’impression qu’il passait à côté des choses. Magnus traverse simplement le monde à bas bruit, préfère les silences aux réponses rapides, la nuance aux positions tranchées. Les gens confondent parfois sa douceur avec une absence de caractère, pourtant elle se reconnaît à sa manière d’arriver toujours un peu en avance, de rappeler quand personne ne rappelle, de rester à table quand la conversation devient inconfortable, de choisir ses mots quand d’autres choisissent la vitesse. Il s’est inventé une fabrique de sens dans le coin d’une galaxie lointaine, composée de ses propres lois, de ses envies, de son univers résolument différent. Magnus avance à contre-rythme, loin des injonctions. Sa musique est basse, presque imperceptible, mais elle ne varie jamais.
Source / L’acteur Bruno Ganz dans un extrait du film Les Ailes du désir (1987), réalisé par Wim Wenders.
Source / Touch of Love, une photographie de Nanda Hagenaars
Te reconnais-tu dansdans les modèles masculins qu’on nous propose aujourd’hui ?
Quel est tonton style vestimentaire ?
Il y a cette question, posée un jour à Volodymyr Zelensky, qui continue de résonner : « Pourquoi ne portez-vous pas de costume ? » Comme si le sérieux d’un homme, la légitimité d’une parole, passaient encore par la coupe d’un veston. Ce jour-là, Zelensky ne portait pas un costume, mais une vyshyvanka noire, vêtement traditionnel ukrainien, brodé, chargé d’histoire, de mémoire et de résistance. Il n’était pas en dehors du cadre. Il en redessinait les contours. Il rappelait que s’habiller peut être un acte de fidélité, parfois même de courage. Leonard Cohen, toujours en costume sombre et chemise blanche, David Bowie dans sa période berlinoise, épurée jusqu’à l’os, ou encore Hedi Slimane, fidèle au noir intégral.
Paris a-t-elle modifiémodifié ta manière d’être un homme ?
Oui, bien sûr. Paris n’a pas modifié ma manière d’être un homme, elle l’a désossée. Ici, on comprend vite que la masculinité est un mythe mal lu, un récit mal interprété. Qu’elle n’a rien à voir avec la force, encore moins avec l’autorité bruyante. Tout est affaire de style, au sens le plus sérieux du terme. C’est une ville qui autorise le jeu, la contradiction, la multiplicité. Une pensée à pratiquer.
Un poème quiqui te donne espoir ?
Tu souffles la vie sur ma peau
La vie partout
La vie jusque dans tes cheveux défaits
La vie fatiguée de tes yeux
Qui ne peuvent se fermer au plaisir
Simon Johannin – La dernière saison du monde
Prends-tu soin dede ta peau ?
Oui, mais sans ritualiser à l’excès. J’aime les choses simples, efficaces, presque discrètes. Le matin et le soir, j’utilise le gel nettoyant au charbon de The Grey. La crème de nuit à l’hibiscus d’Irene Forte. Je termine toujours par une eau de parfum Lacoste Original. Et un déodorant au géranium de The Incessant Anxiety, pour la fraîcheur! (Rires.)


