Lou

Connaissez-vous l'adage "People who feel like sushine" ? Il me semble que ces mots ont trouvé leur genèse à Maisons-Laffitte, un soir d'août 1993. Artiste, DJ ou danseuse la nuit dans les plus grands cabarets de Paris, conteuses d'histoires qu'on ne souhaite jamais vérifier, Lou vit plusieurs vies en même temps. "Ce mode de vie, je dois l'admettre, est un peu schizophrénique. Il y a toi, le personnage, et toi, la vrai. Avec toutes les attentes des gens".

Lou, en questions questions

Tu parles souventsouvent de liberté, de corps, d’intuition. Comment tout cela s’articule-t-il dans ta vie aujourd’hui ?

J’aime dire que je suis une femme rare, parce que mon corps n’appartient à aucun amant, aucun père, à personne d’autre qu’à moi. Je porte mes chagrins comme des châles pour me tenir chaud la nuit, toutes mes histoires sont écrites sur les lignes de mes paumes et je les fais danser chaque nuit devant mes spectateurs. Lorsqu’une femme est enracinée dans son ventre, elle ne doute pas, ne suranalyse pas, ne se compare pas et ne cherche pas à contrôler la vie. C’est une philosophie qui ne me quitte plus et transperce mon coeur grand ouvert. Deux talons, pas d’Achille ! 

Où te sens-tusens-tu le mieux ?

Dans ma garçonnière, sans aucun doute. Je vis dans un 25 m2 au coeur de Pigalle avec toutes mes tenues et les objets empruntés (?) aux salles dans lesquelles je me produis (rires). Je n’aime pas le terme de cabinet de curiosités, mais on peut bien parler de maximalisme. Chaque recoin reflète une de mes personnalités, l’appartement se vit à toute heure, au petit-déjeuner, au déjeuner, au goûter, la nuit .. 

As-tu le sentimentsentiment que l’on se trompe en prenant la vie trop au sérieux ?

Je ne crois pas que la vie attende de nous qu’on soit sérieux. Je n’ai jamais vu un arbre se tenir droit par obligation. Ni un oiseau stressé par son planning. (Rires) Ni un lever de soleil soucieux d’être à l’heure. Ni une nuit étoilée préoccupée par son image. On ne comprend pas toujours comment, mais on sent bien que vivre, au fond, n’est rien d’autre qu’une grande fête qui s’ignore.

As-tu un mantramantra ?

Why fit in when you were born to stand out ?

Le dernier sonson qui t’a accompagnée ?

Wet Leg. Elles se sont glissés naturellement dans mes sets et ont cette insolence délicieusement agaçante qui remet tout en place. D’abord Chaise Longue, puis Moisturizer enfonce le clou avec une énergie brute, joyeuse, sans la moindre gêne. Un rock qui donne envie de remuer, de sourire sans raison et de respirer à pleins poumons!

Quelle place tienttient le jeu dans ta façon d’aborder le maquillage ?

Je détourne beaucoup. Un rouge à lèvres sur les joues, parfois sur les paupières, selon l’humeur. J’adore les textures crémeuses, surtout pour le regard, parce qu’elles se travaillent sans réfléchir. Mon kitten liner, je le fais presque toujours avec les Satin Kajal Liners de Victoria Beckham. J’aime quand ça reste un peu mouvant, libre.

Quelles sont testes adresses préférées à Paris ?

On racontait beaucoup les dîners d’Azzedine Alaïa. C’est exactement cet esprit qui flotte au café-restaurant de la fondation, dans le Marais. Le chef Ivan Schenatti y cuisine l’Italie que le couturier aimait : des carciofi alla giudia comme à Rome, une pizza à la ’nduja, les spaghettis classico Alaïa, tomates datterini, basilic, huile d’olive. Notre rendez-vous favori avec Pauline et Yseult pour se raconter nos dernières folies.
18 rue de la Verrerie, 4e 

Thoumieux, aussi. Au Japon, ceux qui s’aiment ne disent pas « je t’aime » mais « il y a de l’amour », comme on pourrait dire qu’il neige ou qu’il fait jour. Chez Thoumieux, c’est un peu la même chose : on ne parle pas de plaisir, on constate qu’il est là. Un impersonnel audacieux, qui déborde de soi. Un hors-champ du sentiment, discret, mais profondément présent.
79 rue Saint Dominique, 7e

Et puis il y a mon rituel préféré le dimanche soir, au pied de la Butte, Chez Camille : un bar minuscule, un concert joyeux, beaucoup d’amies, et surtout aucune urgence.
8 rue Ravignan, 18e