Pauline
Cover / Kwadjo, photographié par Joe Perri et stylisme par Ilanka Verhoeven Desroches
Comment début ce portrait qui est le mien. Qui suis-je ? Comment vous conter en quelques mots l’essence de ma démarche ? Ma vie et moi avançons ensemble, séparées par quelques centimètres d’air et de silence. Je ne saurais l’expliquer, ce sentiment étrange de n’être pas tout à fait à ma place, mais tout près. Un pas de côté et hop, je pourrais m’y lover. Seulement, je ne sais pas quelle direction prendre, à quel angle tourner. Dois-je descendre la pente, ou la monter ? Encore quelques pas, Pauline, lance toi .. Saute, ou vole? J’ai peur. Quelqu’un m’a dit, il y a peu, que lorsqu’on se sent nerveux à l’idée de faire quelque chose et que le coeur se met à battre très vite, c’est un « applaudissement intérieur ». La plupart du temps, on traite la nervosité comme un signal d’alarme. Mais parfois, un coeur qui bat vite n’est pas de la peur, c’est un rappel physique que l’on est assez vivant pour se soucier de ce qui va suivre. À travers cette manière douce de me comprendre, je me plonge dans mes rencontres, dans mes conversations, dans intimités pour vous faire voyager, et peut-être trouver ma place. Qui est tout à côté. De vous.
Source / Photographie de Tina Modotti par Edward Weston, 1921.
Source / Unknown
Quelle sorte d’espoird’espoir mets-tu en l’amour ?
L’aventure. Qui nous lie et persiste envers et contre tout dans notre quotidien. Une manière de ne rien tenir pour acquis et de toujours remettre en question ce que l’on a sous nos yeux. Avec au commencement, la fascinante curiosité de se demander « Où vais-je aller? ».
Que fais-tu lorsquelorsque tu es seule ?
Cela fait déjà quelques mois que je me surprends, de temps à autre, de temps à l’autre. Le jeu consiste en un premier choix, une silhouette singulière, un port de tête, des traits (de caractère). Je note tout, scrupuleusement. Et la suis. Pour quelles raisons ? Attiser ma curiosité. Vivre une autre vie. Prendre un malin plaisir. Penser « Ah! Qu’il serait bon de l’aimer cet(te) inconnu(e) ». Seule, je suis ceux que je ne connaitrais peut-être jamais, leur laissant l’opportunité de me dire ce qu’ils n’osent dire à personne. C’est pour moi une douce caresse de les laisser se dévoiler sans se nommer.
Pourquoi écris-tu ??
Pour exister. Trouver ce que je ne cherche pas. Effeuiller la parisienne avec poésie. Dans le vrai Paris.
Que souhaites-tu profondémentprofondément ?
Me réveiller un jour si loin de mon propre rivage que je ne saurai plus comment revenir à moi. Et je donnerai naissance à une nouvelle femme. Puis recommencer mille fois, pour avoir vécu mille vies. Écrites ici.


